le cap Finis Terrae, Finisterre la terre dans l’océan, déchiquetée, battue de telles tempêtes en hiver que l’été on ne peut même pas les imaginer.
Plein de poissons à en croire les mouettes et le poids du bateau.
Sur le port petit restau avec marketing efficace: fumées odorantes et barbecues. On s’assoit et se régale de marescos, saucisses grillées pimentos del padron. Machine à café en panne.
Grand vent froid
mais plus loin, on trouve un café où se réchauffer avec en plus du café brûlant un coup de gnôle offert pour lutter contre les éléments.
Il fait presque nuit quand on arrive à Saint-Jacques de Compostelle.
Repas et ce sera une soirée de musique.
Mardi matin.
Nous quittons Saint-Jacques, son marché, ses musées, ses souvenirs.
LE RETOUR
Séchoirs à maïs en pierre, empesés comme les maisons des morts d’anciennes civilisations
ou légers comme les hautes plateformes où les Indiens posaient leurs morts pour que dévorés par les oiseaux ils rejoignent leur ciel.
Et après l’océan à nouveau.
Au vent du large les machines-totems du vingtième siècle.
Plus loin, autre pliure de temps, tombes grises derrière le blanc des murs. Guerrier assoupi.
Les petites villes à la grandiose architecture en chantier continuent entrecoupées d’usines et de campagnes.
Du coup on roule jusqu’à Ribadeo. Le type du restau où on avait mangé à l’aller nous reconnaît et nous propose une habitaciones dans un immeuble neuf. On dîne tard à l’Espagnole, ça convient bien à nos décalages coutumiers. Mercredi matin, petit déjeuner sur la place, près du rias.
Départ pour deux jours dans la rudesse des Picos de Europa, chemins tantôt brumeux tantôt poudreux
soleil brûlant et rivière glacée. Pour se réconforter, le cidre brut dont la giclée dans le verre rafraîchit ou réchauffe avant même de le boire.
La grâce d’une soirée à Santillana del Mar, le plus beau village d’Espagne nous dit Sartre. Nous y dormons dans une magnifique maison-palais: l’Altamira. Au bout de la rue, l’odeur d’herbe, puis en marchant un peu dans la campagne celle du fumier parfois.
Vendredi. Retour à la ville, on arrive au port de Santander.
Dans le restaurant, drôle de regards entre les protagonistes, nos voisins de table.
Remontent des images de films de Scorcese. Exquis les poissons à Santander.
C’est comme une fuite. Celle du vent dans les arbres.
On s’en va. On quitte les villes marines, les cordillères, les rubans de brume et les fumées mêlées, le vent et les vagues au bout du bout, caps et phares galiciens de l’extrême ouest de l’Espagne.